Accueillir un parent chez soi : la checklist complète
Quand un père ou une mère vient vivre chez vous : préparer le logement, transférer ses papiers, organiser l'aide et répartir les rôles entre proches.
Un code par e-mail pour entrer : ni mot de passe, ni carte bancaire.
Votre planning
Indiquez la date d'arrivée de votre parent : chaque étape s'affiche avec sa date, dans l'ordre où elle arrive.
Le dossier s'adapte à votre situation
- Votre parent a-t-il besoin d'aide au quotidien (toilette, repas, déplacements) ?
- Dans le logement qu'il quitte, votre parent est-il locataire ou propriétaire ?
1. Préparer l'arrivée
- En parler ensemble, parent compris
Pour combien de temps, quelle place pour chacun, quelle intimité, qui paie quoi. Ce qui n'est pas dit avant l'arrivée finit souvent en tension après.
- Répartir les frais et le temps entre proches
Frères et sœurs participent souvent autrement que par l'hébergement : une somme chaque mois, des week-ends de relais, les papiers. Mettez-le par écrit, même simplement, pour que chacun sache ce qui est convenu.
- Préparer sa chambre et sécuriser le logement
Éclairage la nuit entre la chambre et les toilettes, tapis fixés ou retirés, objets courants à portée de main. Faites le tour du logement avec votre parent pour repérer les obstacles et les aménagements utiles.
- Faire adapter le logement si besoin
Barres d'appui, douche de plain-pied, rampe, monte-escalier. Des aides existent sous conditions (Anah, caisse de retraite) : France Rénov' vous dit lesquelles s'appliquent. Elles se demandent en général avant de commencer les travaux.
- Prévenir votre assurance habitation
Signalez qu'une personne de plus vit chez vous, et vérifiez que le contrat couvre ses affaires et sa responsabilité civile.
- Organiser le déménagement de ses affaires
Ce qui vient, ce qui est donné, ce qui est gardé ailleurs. Faites le tri avec lui, à son rythme, plutôt qu'à sa place.
2. Le logement qu'il quitte
- Envoyer le congé au propriétaire de son logement
Pour sa résidence principale : congé par recommandé avec avis de réception, remise en main propre contre récépissé ou commissaire de justice. Le préavis commence à la réception, pas à l'envoi : 3 mois en location vide, 1 mois en meublé ; en location vide, des motifs permettent 1 mois, notamment la zone tendue ou un état de santé justifiant le déménagement. Indiquez le motif et joignez le justificatif au congé ; vérifiez les conditions sur Service-Public.gouv.fr.
- Prévenir la CAF ou la MSA s'il touchait une aide au logement
L'aide au logement s'arrête quand il quitte son logement. La déclarer vite évite d'avoir à rembourser des sommes versées en trop.
- Décider avec lui de l'avenir de son logement
Le garder, le louer ou le vendre : chaque choix a ses conséquences (impôts, aides, succession). Le notaire ou l'ADIL peuvent les expliquer ; la décision lui revient.
- Prévenir l'assureur si le logement reste vide
Un logement inoccupé n'est pas toujours couvert de la même façon (vol, dégâts des eaux). Signalez-le, et demandez les conditions : visites régulières, eau coupée.
- Déclarer la nouvelle occupation du logement aux impôts
Mettez à jour l'occupation dans « Biens immobiliers » sur impots.gouv.fr : logement vacant, loué ou résidence secondaire, avec les dates du changement. Vérifiez l'échéance de déclaration indiquée par les impôts : le repère du planning n'est pas un délai fiscal.
- Résilier ou transférer ses contrats
Électricité, gaz, eau, box internet, assurance du logement s'il le quitte définitivement. Relevez les compteurs le jour du départ, photos à l'appui.
3. Ses papiers
- Faire suivre son courrier
Le contrat de réexpédition de La Poste est payant et se souscrit en ligne ou au bureau de poste. Il rattrape les envois des organismes oubliés.
- Déclarer son changement d'adresse en ligne
Le service gratuit de Service-Public.gouv.fr permet de prévenir plusieurs organismes en une fois (caisses de retraite, Assurance maladie, CAF, impôts, certains fournisseurs d'énergie). Vérifiez les organismes proposés et prévenez séparément ceux qui manquent ; l'hébergement ne rattache pas automatiquement votre parent à votre foyer fiscal.
- Rassembler ses papiers importants en un seul endroit
Pièce d'identité, carte Vitale, mutuelle, caisses de retraite, banque, avis d'imposition, contrats. Le jour où il faut un document en urgence, chacun sait où le trouver.
- L'inscrire sur les listes électorales de votre commune
Si votre parent change de commune, il peut s'inscrire en ligne, en mairie ou par courrier. Hébergé chez vous, il fournit sa pièce d'identité, votre attestation d'hébergement de moins de 3 mois, une copie de votre pièce d'identité et un document à son nom portant votre adresse (par exemple un titre de pension). En règle générale, la demande doit parvenir au plus tard le sixième vendredi avant le premier tour ; dans la même commune, signalez simplement la nouvelle adresse.
- Vérifier ce que l'hébergement change pour votre déclaration de revenus
Demandez aux impôts les conditions de déduction de l'aide apportée à un parent dans le besoin et les montants de l'année. Un parent vivant sous votre toit et titulaire de la carte d'invalidité ou de la CMI mention « invalidité » peut, sous conditions, être compté à charge : ses revenus rejoignent alors les vôtres. Ce rattachement ne se cumule pas avec la déduction d'une pension pour ce même parent ; vérifiez aussi ce qu'il doit déclarer de son côté.
4. Sa santé
- Choisir un médecin traitant près de chez vous
Si son médecin est trop loin, le nouveau le déclare en ligne lors de la première consultation. Demandez à l'ancien une copie du dossier ou utilisez Mon espace santé.
- Transférer ses soins et ses ordonnances
Pharmacie, infirmier, kinésithérapeute, matériel médical : prévenez chacun, et prévoyez assez de traitement pour les premiers jours.
- Noter les informations santé utiles
Avec l'accord de votre parent, préparez les contacts utiles et indiquez où trouver ses informations médicales en cas de besoin. Gardez traitements et allergies sur un support confidentiel, accessible aux seules personnes autorisées ; évitez une fiche médicale affichée à la vue de tous.
5. L'aide au quotidien
- Demander l'allocation personnalisée d'autonomie (APA)
À partir de 60 ans, pour une perte d'autonomie évaluée en GIR 1 à 4, auprès du département : une équipe évalue ses besoins à domicile. S'il a changé de département depuis moins de 3 mois, la demande se fait auprès de l'ancien ; s'il reçoit déjà l'APA, signalez le déménagement pour faire réexaminer son plan d'aide.
- Organiser l'aide à domicile
Aide à la toilette, ménage, portage de repas, téléassistance. Le centre communal d'action sociale oriente vers les services du secteur.
- Se renseigner sur le congé de proche aidant
Si vous travaillez : un congé, éventuellement fractionné ou à temps partiel, indemnisé par la CAF ou la MSA (allocation journalière du proche aidant). Demande à faire auprès de l'employeur.
- Prévoir des temps de répit
Accueil de jour, hébergement temporaire, un proche qui prend le relais un week-end. Le répit se prévoit avant l'épuisement, pas après.
- Se renseigner sur les procurations et les mesures de protection
S'il a du mal à gérer seul ses affaires : procuration sur ses comptes, habilitation familiale, mandat de protection future. Le notaire ou le tribunal judiciaire expliquent chaque dispositif.
6. Dans la durée
- Faire le point ensemble après trois mois
Ce qui marche, ce qui pèse, ce qu'il faut changer : pour lui, pour vous, pour le reste du foyer. Réajuster tôt évite de tenir jusqu'à la rupture.
Cette liste aide à s'organiser ; elle ne remplace pas le conseil d'un professionnel. Certaines démarches ne concernent pas tout le monde : dans votre dossier, une tâche inutile se supprime d'un geste.